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Soldats de la parole

Un 'brillant essai' - Page des libraires. 'Captivant' - l'Opinion. 2019, Christian Bourgois éditeur. Traduit par Mireille Cohendy


« La plume est plus forte que l’épée. » Nous aimerions le croire, mais est-ce bien vrai ? Quel est le poids de la parole face aux armes ? C’est la question que pose Frank Westerman. Pour tenter d’y répondre, il entraîne le lecteur dans des situations très variées, comme dans un road movie, avec du suspense et non sans une pointe d’humour.
Enfant, Frank Westerman a été témoin, dans la petite ville où il habitait, de la prise d’otages d’un train par des Moluquois. Il nous fait revivre de façon poignante les différentes actions des rebelles moluquois et les longues et patientes négociations qui les accompagnent. Plus tard, comme correspondant, il a assisté aux représailles russes face à la terreur tchétchène. Il compare différentes approches : la méthode douce, dite « approche hollandaise », qui consiste à négocier, à gagner du temps pour tenter de convaincre les terroristes de renoncer à leur action et pour éviter à tout prix la violence et la méthode dure, celle de Poutine, contre les Tchétchènes par exemple, lors de la prise d’otages au théâtre de Moscou, qui a fait 128 morts, et de l’école de Beslan – 331 morts dont 150 enfants.
Frank Westerman prend un café avec un ex-preneur d’otages qui se confie longuement à lui. Il assiste avec le personnel navigant de la KLM à un stage d’entraînement comprenant une simulation de prise d’otages, puis à un stage pour apprendre à gérer la violence au personnel de différents corps de métiers régulièrement exposés à des situations critiques. À Paris, Frank Westerman assiste à une biennale rassemblant les experts du monde entier en matière de terrorisme. Les informations apportées sur l’évolution du terrorisme par Guy Olivier Faure, professeur en négociation internationale, permettent au lecteur de se forger une opinion sur l’évolution du terrorisme et sur les réponses possibles.
Dans cet essai, Frank Westerman, sans donner de réponse catégorique, invite le lecteur à réfléchir avec lui sur le terrorisme et sur la façon de l’affronter.

La vallée tueuse

2015, Christian Bourgois éditeur. Traduit par Annie Kroon


Le 21 août 1986 : un soir de pleine lune, dans une vallée reculée du nord-ouest du Cameroun, près de deux mille hommes, femmes et enfants meurent. Des centaines de poulets, babouins, zébus, oiseaux également, tandis que les huttes et les palmiers demeurent étrangement intacts. Que s’est-il passé réellement?

  

'Décrivant avec subtilité les ressorts cachés des motivations de ceux qu'il appelle les tueurs, les porteurs et les faiseurs de mythes, [Frank Westerman] révèle les fils invisibles qui tissent les récits' - Le Monde.

 

'Entre essai journalistique et thriller, le nouvel ouvrage de Frank Westerman brille par sa rigueur, son souci du détail et, surtout, sa grande richesse littéraire.' - Les Echos, 13/8/15

 

Frank Westerman déconstruit tous les aspects de cette catastrophe et nous transmet les milliers d’histoires nées de l’accumulation de faits et de preuves. Car vingt-cinq ans plus tard, le mystère demeure entier. Les troupes camerounaises restent postées aux alentours de la vallée où il est toujours interdit de s’installer…

Ararat

2010, ISBN 9782267020953, Christian Bourgois éditeur. Traduit par Danielle Losman

« Ce n'était pas un mur mais un enchevêtrement grimpant de bandes vertes et grises. Le plus étrange était que cette pente semblait sans fin, comme une échelle de Jacob, et remplissait complètement l'encadrement de la petite fenêtre du bus. Pour savoir si cet empilement de pierres et d'herbe finissait par s'arrêter quelque part, il fallait que je penche la tête, et lorsque je me suis penché encore un peu plus, j'ai vu une bande de rochers noirs recouverts d'un voile de glace. Et par-dessus, enfin, le bleu du ciel. On aurait dit que l'Ararat m'avait déjà à l'œil, bien avant que je le regarde. »

Selon la légende biblique, c'est au sommet du mont Ararat que l'arche de Noé s'échoua après le déluge, où Dieu décida de réaliser une alliance avec l'Humanité. Ararat est un carrefour géographique, politique et culturel, marqué par des siècles de confrontations entre les différentes populations de la région. Entre récit de voyage, réflexion philosophique et autobiographie, Westerman nous emmène le long de la ligne de faille qui sépare la religion de la science.

El Negro et moi

2006, ISBN 2267018306, Christian Bourgois Éditeur - Paris - 287 pages - traduit du néerlandais par Danielle Losman

Frank Westerman offre un livre à l'image de son sujet, un alien, un objet littéraire hybride qui pourrait s'appeler roman reportage et s'apparenter au travail d'Hanna Krall ou d'Albert Londres, par l'esprit et la saveur de la plume alerte - frappant par sa capacité à transmettre dans une langue forte et originale le goût du réel - Lucie Clair, Le matricule des anges, Juin 2006

En 1983, Frank Westerman découvre, en Catalogne, au Musée d'histoire naturelle de Banyoles, le corps naturalisé d'un Bushman, exposé comme le sont les animaux et les plantes rares. Qui l'a empaillé et dans quel but ? Franck Westerman mène l'enquête, entraînant son lecteur à l'époque des grands débats sur l'évolution, évoquant pour lui l'histoire de l'esclavage, posant aussi des questions pertinentes : comment la perception d'Homo sapiens a-t-elle évolué et quelle est-elle aujourd'hui ? Une enquête journalistique, une réflexion humaniste, un récit autobiographique : un docu-roman.

Ingénieurs de l'âme

2004, ISBN 2-267-01714-8, Christian Bourgois Éditeur - Paris - 287 pages - traduit du néerlandais par Danielle Losman

'Curieux et passionant livre [...] se lit comme un bon roman', Jean-Jacques Marie - La Quinzaine Littéraire.

4e de couverture: C’est en 1932 que Staline utilisa pour la première fois l’expression « Ingénieurs de l’âme » pour évoquer les écrivains soviétiques, expression devenue rapidement un concept redouté. 

De pair avec les véritables ingénieurs, les ingénieurs de l’âme étaient supposés contribuer à l’établissement définitif du paradis communiste : respectivement, en transformant l’apparence du pays par d’ambitieux travaux hydrauliques — le port de Moscou ! — et en influençant les âmes de ses habitants par les livres, de façon à ce que l’Homme Nouveau puisse se développer. 

L’éloge de ces grands travaux devint à cette époque un genre littéraire en soi auquel Frank Westerman, lui-même ingénieur hydraulique, s’est intéressé de très près. 
Pour ce récit, il a entrepris deux grands voyages : l’un dans le Golfe de Kara-Bogaz, aujourd’hui une baie boueuse dans la mer Caspienne mais décrite en 1932 par Konstantin Paoustovski dans son livre Kara-Bogaz comme une merveille de technologie hydraulique ; et le second parmi les œuvres — et les vies — des écrivains soviétiques Maxime Gorki, Andreï Platonov, Boris Pilniak et Isaak Babel, forcés à écrire au service d’une idéologie et auxquels Frank Westerman rend leur véritable histoire.

Dans ce livre à la construction subtile, mêlant journalisme d’investigation et histoire de la littérature, passé et présent russes sont continuellement mis en parallèle, menant le lecteur dans un labyrinthe de miroirs à travers « Absurdistan ».

Un "brillant essai" - Page des libraires. "Frank Westerman, vedette du journalisme d’investigation, s’est penché sur la question des prises d’otage selon sa méthode habituelle [...]. Le résultat est captivant." L'Opinion. Frank Westerman presentera Soldats de la parole a la Maison de la Poésie, Paris (16/5/19).

La vallée tueuse

'Un livre formidable sur la fabrique de la fiction. Il se lit comme un roman à suspens. Sitôt arrivé, sitôt mis en vitrine.' Isabelle Leclerc, librairie l'Imagigraphe

Eve Charrin/Marianne, juillet 2015:

'Ne pas se fier à l'humilité de l'écriture. Frank Westerman veut tout dire, tout comprendre - rien de moins. Le plus extraordinaire est qu'il y parvient: il y a chez cet ancien correspondant de presse un fantasme d'exhaustivité qui rappelle Georges Perec. Les histoires évoluent, elles sont élaborées puis transformée, et Westerman n'a pas son pareil pour en cartographier les méandres.

Bernard Quiriny/L'Opinion 2/7/2015

Puzzle solide construit à partir de documents, de témoignages et d'anecdotes, ce récit sur la fabrication des mythes possède à la fois le pouvoir addictif du polar, la rigueur du journalisme et la force évocatoire du roman. Un beau spécimen de journalisme littéraire à l'ancienne, dans la veine des reportages au long cours du maître Kapuscinski.

Biographie

Né en 1964 à Emmen aux Pays-Bas, Frank Westerman est ingénieur agronome de formation. Dans les années 1990, il effectua de nombreux voyages en tant que journaliste à travers l'Afrique, l'Amérique latine et l'Europe de l'Est. En 1992, il part comme reporter couvrir le conflit en ex-Yougoslavie pour le quotidien néerlandais De Volksbrant. Il fut notamment l'un des seuls journalistes à réussir à pénétrer à Srebrenica lors du massacre de 1995. De cette expérience, il tire son premier roman : The Bridge over the Tara (1994). Entre 1997 et 2002, il fut correspondant à Moscou. Depuis 2002, Frank Westerman se consacre pleinement à l'écriture à Amsterdam, où il vit. Depuis, Frank Westerman a accumulé les marques de reconnaissance : Les ingénieurs de l'âme a reçu de nombreuses récompenses aux Pays-Bas et a été traduit en neuf langues. El Negro et moi, a reçu la Goldene Eule, l'équivalent du prix Goncourt pour les Pays-Bas et la Belgique. Ararat a figuré sur les dernières sélections du prestigieux prix AKO aux Pays-Bas. (Christian Bourgois Editeur)